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Le parc augmenté

UN LUNA-PARK OUBLIÉ SOUS UN PARC – 3e halte

30'000 personnes dans une cité magique

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Quelque part dans l’État américain du Nebraska,
quelque part dans l’année 1865,
une petite fille voit le jour
sous le prénom de Luna.

Luna
Laura
Dundy,
c’est son nom complet.

On ne sait pas comment ce prénom,
Luna,
qui veut dire «Lune»
en italien
et en espagnol,
s’est répandu
à cette époque-là
aux États-Unis.

Ce qu’on sait,
c’est qu’il circule
quelque peu,
vers la fin du 19e siècle,
qu’il disparaît
vers 1900
et qu’il ne réapparaît qu’au seuil
de l’an 2000.

Ce qu’on sait
aussi,
c’est que le père de Luna,
Elmer Dundy,
s’active en tant que juge et que député
pour l’abolition de l’esclavage
et pour les droits des personnes amérindiennes.
Ce qui signale,
dans le contexte,
un minimum d’ouverture d’esprit.

Quoi qu’il en soit,
Luna a un frère,
qui se prénomme Elmer,
comme leur père,
mais que tout le monde appelle Skip.

Skip Dundy commence une carrière d’entrepreneur
spécialisé dans le parc d’attractions.
Il part à New York,
s’associe à un architecte
appelé Frederic Thompson,
et monte avec lui,
à l’Exposition Panaméricaine de 1901,
une attraction très novatrice
qui donne l’illusion de faire
A Trip to the Moon,
c’est-à-dire «un voyage sur la Lune»,
à bord d’une fusée
avec une paire d’ailes géantes de chauve-souris:
une fusée appelée
Luna.

L’attraction a un succès fou.
Dundy et Thompson poursuivent dans leur lancée
en créant
en 1903
à Coney Island
– le quartier
balnéaire
de New York –,
un parc d’attractions d’un genre nouveau,
où l’on retrouve le «Voyage sur la Lune»
et auquel ils donnent le nom
de la fusée
et de la soeur
de Skip:
Luna.

Luna Park, donc.

Le nom
se révèle accrocheur.
Au cours des dix années qui suivent,
il est repris à Berlin,
à Paris,
à Tokyo,
au Caire,
à Mexico,
à Melbourne, Australie,
dans une série de villes aux États-Unis,
et dans le parc genevois des Eaux-Vives,
comme on le verra
quelques arbres plus loin.

Luna Dundy,
devenue par mariage Luna Newman,
n’est pas là pour voir tout ça,
car elle est morte
entre-temps
en couches
en 1906.
Mais le prénom
de cette fille du Nebraska
reste rattaché
jusqu’à nos jours
et sans doute au-delà
partout dans le monde
aux grands parcs d’attractions
de l’ère électrique.

À travers ce lien,
attaché à son nom,
le souvenir de Luna Dundy
est ainsi
aussi,
entre ces arbres,
même si la mémoire du Luna-Park
qui remplissait ce parc
s’est effacée.

Un Luna-Park
oublié
dans ce parc,
donc.

Et pourtant,
au cours du printemps
et de l’été 1911,
des centaines de milliers de personnes
– parfois 20 à 30’000
en une seule journée –,
paient un ticket d’entrée
pour visiter
ce que la presse appelle
une «merveilleuse cité magique».
Le Luna-Park de Genève
paraît même
suffisamment prestigieux
pour mériter
le 12 mai 1911
– c’est un vendredi –
les discours inauguraux
du maire des Eaux-Vives,
John Gignoux,
et du conseiller d’État Henri Fazy,
qui vient témoigner
du «plus haut l’intérêt»
porté par le gouvernement cantonal
«à toutes les entreprises destinées à développer l'industrie des hôtels».
On pense en effet
que le Luna-Park est bon pour le tourisme,
ou,
comme on dit alors,
pour l’«industrie des étrangers».
Henri Fazy précise
au passage
que

«si nous remontons quelque peu le cours des années, nous voyons que tous nous sommes des étrangers et que le nombre des indigènes authentiques est infime. Seulement, ce qu'il y a de remarquable, c'est que nous devenons tous d'excellents Genevois».

En citant
ces discours pleins d’esprit,
le Journal de Genève ajoute que

«[l]a plupart des attractions de Luna-Park relèvent du domaine scientifique et ce ne sera pas un champ de foire. Qu'on se le dise».

Scientifique?
Voyons voir.
Retrouvez-moi
quelques arbres plus loin…

LA SUITE DU PARCOURS

Vous reprenez la montée en direction du restaurant
Vous tournez à droite et vous engagez dans l'herbe vers ce magnolia à grandes fleurs, qui est votre 4e halte
4e halte – «… et le célèbre nain, le baron Pouce»

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